Mort d’un supporter du FC Nantes : le chauffeur VTC prendra-t-il la route des assises ?
Le chauffeur VTC « énervé » et « agressif » qui avait poignardé Maxime Leroy dans le dos, en marge du match de Ligue 1 Nantes-Nice, le 2 décembre 2023, conteste les faits.
Suite à cet
événement tragique, survenu le
2 décembre 2023, en marge
du match de Ligue 1 Nantes-Nice, qui avait entraîné la mort de Maxime Leroy, les enquêteurs avaient pu avoir
une idée nette du déroulé des faits en retrouvant les images de la caméra embarquée de l’un des six chauffeurs VTC. Il menait le convoi d’ultras niçois au stade de la Beaujoire de Nantes, ce soir-là.
« Avec l’accord ce jeune de 24 ans »,
ils avaient alors consulté le répertoire photo de son téléphone portable où des vidéos « provenaient de la caméra ». Cependant, c
ertaines avaient été « effacées ». Le chauffeur VTC avait alors avoué les avoir détruites pour « ne pas foutre dans la m..... » son confrère « parce qu’on le voyait porter le coup de couteau ».
L’auteur présumé conteste les faits
Son audition comme témoin avait alors basculé en garde à vue, au cours de laquelle il avait admis avoir, lui aussi, donné des coups de matraque télescopique à un autre supporter du FCN que Maxime Leroy.
S’estimant d’abord « victime » dans cette histoire,
ce dernier avait juste « cherché à fuir » et avait failli écraser la victime au sol car il se sentait « menacé par des supporters qui tapaient sur son véhicule ». Les images de la mort de Maxime Leroy avaient, au final, été retrouvées, chez lui, dans une carte mémoire branchée au lecteur d’un ordinateur portable.
L’auteur présumé s’était pour sa part « spontanément » présenté au commissariat de police le 3 décembre 2023 vers 2 h du matin : il contestait « fermement avoir voulu tuer quiconque », car, ce soir-là, il « voulait simplement travailler », « aurait pu se faire tuer » et qu’il allait « maintenant devoir vivre avec les faits » alors qu’il n’avait initialement « rien demandé ».
Ce père de famille de deux filles de 3 et 4 ans, considéré comme « bienveillant » et « attentionné », s’était en effet « énervé » face à l’attroupement autour de sa voiture. Il avait pris
« dans le vide-poche » de sa Tesla un « grand couteau en céramique » long de « 30 cm », selon des témoins. L’arme n’a jamais été retrouvée puisqu’il s’en est débarrassé peu après les faits.
La victime lui tournait le dos au conducteur
Il est venu perforer un poumon alors que Maxime Leroy était de dos, en train de quitter la scène et ne présentait plus aucune menace objective pour le mis en examen.
La juge d’instruction
« S’il n’est pas contesté » que ce
chauffeur VTC Saint-Herblain a été violemment pris à partie par un groupe de supporters nantais menaçants de par leurs actes, leur nombre et leur accoutrement, vêtus de noir et cagoulés,
l’ensemble des éléments permet quand même de déduire que ce conducteur de 38 ans était animé « au moment des faits de l’intention de donner la mort ». Le
mobile du crime serait selon elle « l’attention toute particulière » que portait le mis en examen à sa Tesla, qui était son « instrument de travail ».
Des supporters du FC Nantes avaient aussi expliqué avoir été « insultés » au préalable par les ultras niçois dans leurs VTC.
Il ne s’agissait pas d’une embuscade de 300 individus.
— L’un des supporters
Si certains étaient « cagoulés », c’était dû à « la météo ».
Sa défunte victime avait eu le soir du drame une « importante consommation d’alcool », note aussi la magistrate.
Renvoyé devant la cour d’assises, il sera aussi
jugé pour « extorsion » des quatre supporters de l’OGC Nice qu’il transportait ce soir-là après avoir initialement exigé d’eux qu’ils retirent « 500 € chacun » au distributeur automatique de billets (DAB) de l’agence Crédit agricole du marché de Talensac pour être « indemnisé » des dégâts qui avaient été causés à sa Tesla.
J’en ai planté un ou deux. Y en a un je lui ai planté au niveau du dos et très fort, je pense qu’il est mort.
Des propos qu’il leur avait tenus sur le trajet en repartant du stade de la Beaujoire.
Reste que les images de vidéosurveillance du distributeur du Crédit agricole à Talensac ont montré que cet ancien livreur de pizzas, agent de sécurité et chauffeur de bus à la Semitan « s’attachait à compter chaque retrait d’espèces qui lui était remis » par les supporters de l’OGC Nice.
A
Château-Thébaud et au
Loroux-Bottereau, les proches de Maxime Leroy ont fait part à la juge de leur « extrême détresse » depuis ce drame : leurs « vies » sont « détruites » et ils vivent à présent avec « la crainte » et « la colère » que le chauffeur VTC sorte un jour de prison.
Un chauffeur VTC déjà condamné
Dans le passé judiciaire du principal incriminé, quatre peines.
Il avait déjà été condamné notamment pour « violences », avec des « antécédents » dans un « contexte similaire » en 2008.
Après avoir constaté qu’un individu s’en prenait à son autoradio, il avait fait le choix de s’équiper d’une batte de base-ball et d’un couteau de cuisine pour poursuivre l’individu sur la voie publique en voiture. Il admettait l’avoir rattrapé, être sorti du véhicule équipé de ses deux armes, l’avoir saisi et lui avoir porté des coups de batte pour le calmer. Il estimait avoir agi par réflexe de défense et pour empêcher le mis en cause de partir.
— La juge d’instruction dans son ordonnance de renvoi aux assises.
Son confrère, dont les images de la caméra embarquée ont grandement aidé les enquêteurs, a lui été
renvoyé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Cet apprenti en logistique à Montoir-de-Bretagne, comparaîtra pour ses propres « violences » avec sa matraque télescopique et pour «
destruction de document concernant un crime pour faire obstacle à la manifestation de la vérité ».
Des décisions logiques au vu des éléments du dossier
— Aristote Toussaint, l’avocat des parties civiles.
Contestant les faits
, le trentenaire a interjeté appel devant chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes. Elle devrait se prononcer d’ici le mois de mai.
Le chauffeur VTC « énervé » et « agressif » qui avait poignardé Maxime Leroy dans le dos, en marge du match de Ligue 1 Nantes-Nice, le 2 décembre 2023, conteste les faits.
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