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Info L'affaire Frichti : travail dissimulé et emploi illégal de travailleurs


Info L'affaire Frichti : travail dissimulé et emploi illégal de travailleurs


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La plateforme de livraison Frichti comparaît pour travail dissimulé et emploi illégal de travailleurs
Le procès de la start-up française, jugée pour avoir fait appel à des coursiers en situation irrégulière sous le régime d’autoentrepreneurs, s’ouvre ce jeudi au tribunal correctionnel de Paris.
Ça sent le roussi pour Frichti. Une semaine après de premières condamnations rendues par le conseil de prud’hommes, l’ancienne société de livraison de repas Frichti, créée en 2015 et liquidée en 2023, et deux anciens dirigeants, Julia Bijaoui et Quentin Vacher, respectivement ex-présidente et ex-directeur général, sont jugés à partir de ce jeudi à Paris. Jusqu’au 21 novembre, ils devront répondre aux accusations de travail dissimulé et d’emploi illégal d’étrangers.

Ce procès pénal intervient après des jugements prononcés jeudi 6 novembre par le conseil de prud’hommes de Paris, requalifiant en contrat de travail en CDI la relation entre cinq anciens livreurs et l’entreprise, qui est également sanctionnée pour travail dissimulé. La juridiction civile a jugé qu’il existait un lien de subordination entre les livreurs agissant pourtant en tant qu’indépendants (sous le statut d’autoentrepreneurs) et Frichti, qui contrôlait l’organisation et l’exécution du travail et avait établi un système de sanctions.

Redressement judiciaire
Au total, 233 anciens coursiers avaient saisi le conseil de prud’hommes pour ce dossier et cinq d’entre eux ont été requalifiés comme salariés. Pour les rappels de salaires, les congés payés afférents, divers frais professionnels et des dommages et intérêts – concernant l’infraction de travail dissimulé mais encore le licenciement sans cause réelle et sérieuse –, ces cinq livreurs passés par Frichti recevront quelque 30 000 euros.
Ces sommes seront versées par l’Agence de garantie des salaires, qui assurait aux prud’hommes la défense de l’entreprise française de livraison alors liquidée. La société avait été vendue en mars 2022 avant d’être placée en redressement judiciaire en 2023. Cette même année, le groupe La Belle Vie a repris la marque Frichti, en créant toutefois une nouvelle entité, ce qui leur a permis de ne pas hériter du lourd passif de la société historique.

Les faits reprochés, soit l’emploi d’étrangers non munis d’une autorisation de travail salarié et le travail dissimulé, couvrent une période allant du 1er janvier 2015 au 17 juin 2021, et avaient été pointés pour la première fois dans nos colonnes. Nos révélations ont été appuyées par le signalement auprès du procureur de la République du sénateur PS Olivier Jacquin et ont conduit à une visite de l’inspection du travail dans les locaux du siège parisien. «On a pleinement coopéré, j’estime que nous avons toujours fait les choix pour défendre l’indépendance de nos coursiers», s’est défendue la cofondatrice de la plateforme, Julia Bijaoui.

«Nous faisons tout pour être en règle»
«La faille que Libération a mise au jour n’existe plus chez Frichti. Désormais, nous avons un outil qui nous permet de vérifier l’identité des livreurs et la validité des papiers. Je ne peux cependant pas affirmer avec certitude qu’il n’y a plus de sans-papiers, mais nous faisons tout pour être en règle. Il y a d’autres moyens de contourner le système, notamment via la sous-location de comptes», avait-elle également déclaré dans une interview antérieure publiée dans nos pages.
La start-up française n’est pas la seule dans le viseur de la justice : en 2022, le tribunal de Paris avait infligé une amende de 375 000 euros à l’entreprise britannique Deliveroo, le maximum prévu, lors du premier procès pénal en France de «l’ubérisation» – entreprise qui a par ailleurs été condamnée pour travail dissimulé en juillet dernier. Une autre société, Take Eat Easy, qui bat pavillon belge, avait été condamnée fin 2023 au pénal pour le même motif.

 


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Frichti : condamné aux prud’hommes, le procès pénal de l’entreprise renvoyé à septembre 2026
Deux anciens dirigeants de la plateforme de livraison Frichti devaient être jugés ce jeudi 13 novembre pour travail dissimulé et emploi illégal de travailleurs étrangers. Si le procès au pénal a été repoussé, l’entreprise a déjà été condamnée au civil la semaine dernière.

Le procès de deux anciens dirigeants de la plateforme de livraison Frichti a été reporté à septembre 2026.

À la sortie de la salle d’audience du tribunal de Paris, la déception se lit sur les visages des anciens livreurs sans papiers de Frichti et de leurs soutiens syndicaux. Le procès devant se tenir en novembre 2025 a été reporté à septembre 2026, l’un des avocats des accusés étant malade. « On ne s’attendait pas à ça, encore un an, c’est très long car on espérait avoir gain de cause ces prochaines semaines. C’est très difficile à vivre, mais on n’a pas le choix », explique l’un des travailleurs.
Julia Bijaoui et Quentin Vacher, respectivement ex-présidente et ex-directeur général de la société de livraison à domicile Frichti, doivent être jugés pour travail dissimulé et emploi illégal de personnes étrangères. Kevin Mention, avocat des parties civiles (plus de 200 anciens livreurs), parle d’un « procès de l’ubérisation » : « Il n’y avait dans cette société aucune protection, aucune représentation du personnel. Nous dénonçons le recours aux sans-papiers, mais aussi à l’entrepreneuriat, car Frichti a déguisé des emplois salariés en faux indépendants. Si ces travailleurs avaient été salariés, ils auraient eu des bulletins de paie sur une période assez longue pour être régularisés ».

Un lien de subordination entre livreurs et entreprise
En effet, les travailleurs auto-entrepreneurs dénoncent des méthodes relevant normalement du salariat : le pointage des présences, un uniforme imposé, des tournées obligatoires et un itinéraire prévu à l’avance, autant de choses que l’on ne peut normalement pas imposer à un travailleur indépendant.
« La justice a d’ailleurs reconnu au civil la semaine dernière dans cinq premiers dossiers qu’il y avait bien du travail dissimulé chez Frichti. Aujourd’hui, ce n’est pas nous qui engageons les poursuites, mais le procureur de la République, qui considère qu’il y a suffisamment d’éléments pour caractériser des infractions de travail dissimulé », ajoute l’avocat.
Effectivement, cinq anciens livreurs ont obtenu gain de cause auprès du conseil des prud’hommes le jeudi 6 novembre, voyant leur contrat de travailleur indépendant requalifié en CDI. La justice civile a considéré qu’il existait un lien de subordination entre les livreurs et l’entreprise, qui contrôlait l’organisation du travail et avait établi un système de sanctions.

Une entreprise en liquidation
Ces sommes seront versées par l'Agence de garantie des salaires, qui assurait la défense, Frichti étant en liquidation. Les livreurs avaient entamé un mouvement de grève en 2023. Ils protestaient contre la fin brutale de leur contrat de prestation.

La société a été vendue par ces deux gérants en mars 2022 avant d'être placée en redressement judiciaire en 2023. Le groupe La Belle Vie a repris la marque Frichti en septembre 2023, mais en créant une nouvelle entité, ce qui leur a permis de ne pas hériter du lourd passif de la société historique.

Devant le tribunal de Paris, les anciens livreurs présents pour l’audience ont ramené l’uniforme jaune et le sac de livraison qu’ils utilisaient à l’époque. « Les managers faisaient tout pour remplir les sacs au maximum, ils pouvaient peser jusqu’à 25 kg », explique Diaby Dembo, travailleur Sénégalais de 31 ans ayant travaillé pour Frichti entre 2019 et 2023. « Ce n’était pas de l’entrepreneuriat. Quand on se désistait, ils nous donnaient des pénalités, alors que normalement, en tant qu’indépendant, on est libre de choisir nos horaires de travail ». Un autre, souhaitant rester anonyme, ajoute qu’ils pouvaient se faire déconnecter de la plateforme de livraison dès la troisième commande refusée.

Si la déception prime suite au report du procès, Kevin Mention ne perd pas espoir : « Nous allons continuer à compiler nos preuves, et nous occuper des prochaines décisions prud’hommes. D’ici la prochaine audience au pénal, nous aurons normalement de nouvelles condamnations envers Frichti, car nous sommes confiants dans notre dossier ».

Les deux anciens dirigeants de Frichti « contestent toute infraction et sont dans l’incompréhension », selon leurs avocats et sont « déterminés à faire valoir leur bonne foi et leur innocence ».

 


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Assemblée nationale

Liquidation de la plateforme de livraison Frichti
Question écrite n° 12144

Texte de la question
Mme Danielle Simonnet interroge M. le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion sur la liquidation de la plateforme de livraison Frichti et la fin abrupte du contrat de prestation des livreurs, qui les a conduit à décider de se mettre en grève depuis le 19 septembre 2023.

En effet, les livreurs Frichti ont reçu un courriel de la plateforme ce même jour les informant de sa probable liquidation à compter du 27 septembre 2023. Filiale de Getir dont le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation le 19 juillet 2023, la plateforme Frichti est, elle, en redressement judiciaire depuis le mois de mars 2023.
Le 27 septembre 2023, la plateforme a été reprise par la plateforme de livraison La Belle Vie, qui ne reprend que 168 salariés sur 400 et aucun livreur qui ont un statut d'autoentrepreneur mais dont nombre d'indices laissent penser à un lien de subordination, pouvant
s'apparenter à du salariat déguisé.

En réaction à ces annonces, 165 livreurs sont entrés en grève en bloquant six sites à Levallois, Bagnolet et quatre à Paris et 200 ont déposé plainte en leur qualité de victimes pour travailleurs dissimulé et pour travail illégal pour ceux qui sont sans-papiers.
Les révélations dans la presse locale et nationale concernant les pratiques de Frichti semblent relever de ce qu'il y a de pire au sein de l'économie
des plateformes de travail : des livreurs payés 20 centimes la course, des suspensions de compte pour vacances, des sans-papiers exploités sous fausse identité, des plannings et créneaux imposés constamment.

Ces éléments amènent à considérer que ces livreurs ne bénéficient pas de la liberté et de l'autonomie que leur travail sous statut d'autoentrepreneurs implique. Ils sont au contraire largement subordonnés à la plateforme et devraient ainsi exercer sous statut de salariés afin de bénéficier de la protection sociale.

En procédant à ce vaste licenciement économique déguisé, Frichti n'hésite pas une nouvelle fois à se passer de ses obligations légales et laisse les livreurs sans droit au chômage.
En tout état de cause, cette plateforme semble s'être constituée pour organiser du travail dissimulé au sens de l'article L. 8221-5 du code du travail et les livreurs devraient bénéficier, comme les autres salariés de l'entreprise qui ne sont pas repris, des droits inhérents au licenciement économique et à la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

Ainsi, Mme la députée interroge M. le ministre sur les actions que le ministère compte engager afin de garantir que la rupture du contrat de prestation des livreurs autoentrepreneurs ne s'effectue pas sans que ces derniers aient droit au chômage et aux droits inhérents au licenciement économique et à la reconnaissance de leur statut de salarié.

Enfin, elle lui demande quelles actions le ministère compte engager contre les plateformes ayant été créées en vue d'organiser du travail dissimulé.

Données clés
Auteur : Mme Danielle Simonnet
Circonscription : Paris (15e circonscription) - La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et
sociale
Type de question : Question écrite
Numéro de la question : 12144
Rubrique : Travail
Ministère interrogé : Travail, plein emploi et insertion
Ministère attributaire : Travail, santé et solidarités
 

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