- 20 Novembre 2015
- 30
- 21
- Localité
- Paris

Les deux professions envisagent de manifester côte à côte si le gouvernement ne retire pas sa mesure visant à simplifier l'accès au métier de chauffeurs de VTC.
On se souvient tous, l'été dernier, de la violence du conflit entre taxis et VTC. De conflit, il pourrait de nouveau en être question dans la capitale le mois prochain, selon Le Parisien-Aujourd'hui-en-France. Une information confirmée par le secrétaire général de la fédération nationale des VTC (Csnert), Paul Risbourg. «En effet, ce sera très vraisemblablement le cas. Nous avons mis en garde le gouvernement des risques de débordements car la demande n'en peut plus. Nous ne savons pas encore quelle forme elle prendra. Tout dépend des arrêtés ou des décrets à paraître», explique-t-il au Figaro.
Mais cette fois-ci, les frères ennemis à quatre roues seront «unis» contre le gouvernement. «Nous voulons montrer que la plupart des fédérations sont «main dans la main» et pas des frères ennemis, précise au Figaro Sayah Baaroun, secrétaire général du syndicat SCP/VTC Unsa. Le but du gouvernement est d'endiguer le chômage en détruisant toutes les barrières d'accès à diverses professions, notamment la nôtre. Nous sommes tous plus ou moins d'accord que les formations des taxis et des VTC devraient avoir un tronc commun, à savoir une longue formation très qualifiante». «C'est une prise de conscience commune que le métier de chauffeur de VTC n'est pas accessible à n'importe qui, ajoute Gilles Mathélié-Guinlet, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens. Nous souhaitons tous un accès à ce métier le plus cadré possible. Sinon, c'est le retour à UberPoP (offre payante de transport de particuliers de la start-up américaine Uber jugée illégale par la justice, ndrl)».
Comme stipulé dans le Code des transports (article R3122-13), un arrêté sera publié d'ici au 1er janvier, stipulant que les candidats n'auront plus besoin que de passer un examen obligatoire, dont les détails n'ont pas encore été définis, pour devenir chauffeur de VTC. Le Parisien avance une piste: il s'agirait d'un simple QCM d'une cinquantaine de questions (droit des transports publics, sécurité routière ou encore anglais), à remplir lors d'un examen d'une heure et demie. Il sufffirait d'obtenir trente bonnes réponses pour réussir l'examen. «Si cet arrêté est signé, attendons-nous à une marée extraordinaire de chauffeurs VTC non qualifiés qui fourniront aux éditeurs d'application une main d'œuvre illimitée avec un turnover inépuisable de chauffeurs prêts à travailler à perte, préviennent les organisations et autres associations de taxis et de VTC. A la fin 2015, près de 80.000 acteurs enregistrés, dont 55.000 taxis et 14.500 VTC, se partagent une clientèle nouvelle et multiple mais pas extensible à l'infini».
l'article R3122-13 (examen), qui devait remplacer l'article D231-7 (250 heures de formation) le 1er janvier prochain, a été mis en différé et figure en grisé. Cela signifie-t-il que le deuxième reste juridiquement valable? «Nous sommes face à un cas de vide ou de flou juridiques car la seule vraie obligation, celle de l'examen, n'est (pas encore) définie, dénonce Paul Risbourg! Le gouvernement a encore agi dans la précipitation. Il faut attendre les éventuelles parutions de textes d'ici le 31 décembre qui vont encore possiblement saupoudrer des mesurettes stupides». Officiellement, il n'existe donc plus de conditions d'aptitude professionnelle pour devenir chauffeur de VTC. A tel point que les écoles de formation se sont vues interdire d'accepter des candidatures et même continuer à effectuer des stages, explique au Figaro Gilles Mathélié-Guinlet, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens». «Des centres envisagent une action en référé, précise Paul Risbourg. Ils consultent un avocat».
Les organisations syndicales et autres associations affirment avoir demandé à Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, un moratoire. Sans réponse pour le moment. «Si les demandes de la profession devaient rester lettre morte, l'intersyndicale envisagera de se faire entendre différemment des pouvoirs publics», ajoutent-elles, confirmant l'éventuelle manifestation de janvier. L'année 2015 n'est pas encore terminée qu'on sait déjà que la rentrée 2016 risque d'être chaude.












