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Info Les ex-cadres déboulent dans le métier VTC


Info Les ex-cadres déboulent dans le métier VTC

  • Auteur de la discussion AZF
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AZF

La passion du VTC
MODO
VTC
14 Décembre 2016
3 146
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Localité
Paris
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Ils étaient ingénieur, cadres dans la sécurité, dans l'hôtellerie… ils sont devenus chauffeurs VTC. Par dépit ? Non, par choix ! Embarquez avec la nouvelle tribu de chauffeurs-entrepreneurs.

Après vingt ans à bosser dans l'ingénierie pour des grosses boîtes comme Engie, EDF, Thales ou Danone, à Paris et en région parisienne, Erwann, 46 ans, en a eu sa claque du manque d'autonomie et de l'ultra verticalité des organisations qui l'employaient: "Le système de l'entreprise, c'est compliqué quand tu es d'une nature indépendante, comme moi, détaille-t-il.

Et quand tu travailles en relation étroite avec les DG de grands groupes, que tu n'aimes ni l'autorité ni les rapports hiérarchiques, là, ça devient dur !" L'ingénieur a négocié il y a deux ans une rupture conventionnelle, empoché une indemnité confortable et s'est tourné vers l'activité professionnelle qui lui faisait de l'œil depuis des années : chauffeur. De taxi et de VTC (véhicule de transport avec chauffeur).

Un choix mûrement réfléchi : "J'adore conduire, donc bosser en roulant, ça faisait d'une pierre deux coups ! " Et préparé : côté taxi, il s'est associé avec un chauffeur exerçant dans le sud de la France et a payé la moitié d'une plaque utilisable uniquement dans les Alpes-Maritimes (06), où il descend régulièrement. Côté VTC, il a obtenu son examen VTC (lire l'encadré), téléchargé l'appli Uber et chargé ses premiers clients dans la Mercedes Break flambant neuve payée grâce à son indemnité de licenciement. En parallèle, il a aussi créé sa boîte de consultant informatique. Mais en ce moment, les clients se font rares : "Heureusement que je suis chauffeur !", s'exclame-t-il.

Ingénieurs, directeurs de magasins, cadres dans l'hôtellerie, directeurs artistiques… bon nombre de chauffeurs VTC ont un parcours aux antipodes de l'image tenace du jeune sous-diplômé et désœuvré.

S'il est difficile de quantifier le nombre de cadres devenus VTC, les professionnels du secteur confirment l'arrivée de ces nouveaux profils.

"La moyenne d'âge des chauffeurs Uber est de 39 ans, précise Louise Pasin, Senior Communications Associate chez Uber, elle a augmenté. On voit de plus en plus de quinquas arriver avec un projet entrepreneurial avant la retraite." Une diversification vécue comme une aubaine par les plateformes : "Pour nous, c'est un énorme avantage de voir arriver ces ex-cadres, explique Veruschka Becquart, de Caocao Mobility, une plateforme de VTC chinoise, qui propose à Paris une flotte 100% électrique de "black cabs" londoniens : les CSP+ viennent avec leurs compétences, une réelle qualité de service et une grande motivation car ils ont choisi ce métier !"

«Je n’ai pas de patron !»
Ce qui les motive : l'indépendance avant tout, même si elle a un prix. "Je suis mon propre patron et je fais ce que je veux, illustre Erwann. Je peux me déplacer où je veux et bosser partout en France…" Pendant le confinement, il est ainsi descendu quatre mois à Cannes pour exercer au soleil "tout en prenant des vacances". Aminata, 49 ans, a passé quinze ans dans l'hôtellerie à superviser 200 petits déjeuners par jour et une équipe de plongeurs, serveurs, cuisiniers… Depuis un mois, seule au volant de sa Toyota Corolla, elle savoure sa nouvelle vie "loin des problèmes.

Je gère mon temps comme je veux, je n'ai pas d'horaires, pas de management au-dessus de moi, pas de gens à superviser. Je retourne à la maison l'après-midi si j'ai besoin de faire une pause, puis je repars travailler si j'en ai envie. Et les clients sont très gentils avec moi". Idem pour Paul*, ex-cadre à la RATP, qui, suite à un burn-out, a opté pour la vie uberisée : "Dans ma vie d'avant, j'avais trop de pression, trop de stress, trop de contrôle de la part de ma direction. Dans le VTC, je n'ai pas de patron ! "

S'affranchir des contraintes liées à l'entreprise, une tendance lourde qu'observe tous les jours Iris Panissier, cofondatrice de Flow, un programme de coaching pour cadres en reconversion : "On a encore une verticalisation très forte qui pèse sur les collaborateurs dans les entreprises. Or, on sait aujourd'hui que l'autonomie et la maîtrise de ses actes sont deux critères très importants pour se sentir satisfait dans ce que l'on fait. Ça participe à donner du sens à son travail ", ajoute-t-elle.
La facilité d'accès à ce métier est l'autre grand intérêt pour ces cadres en reconversion. "Tu as juste besoin du permis, d'une voiture, d'obtenir ton examen VTC et c'est parti", explique Paul. Pas besoin non plus d'avoir une trésorerie bien garnie ni un réseau étendu pour trouver ses premiers clients : les applis de mise en relation (Uber, Heetch, Free Now…) s'en chargent.

Easy business ! Mais minibusiness si on s'en tient là… Les ex-cadres déboulent, eux, le plus souvent, avec un vrai projet entrepreneurial dans la tête. Les plateformes ne demandent pas mieux… "Chauffeur indépendant, c'est un vrai job d'entrepreneur, affirme Louise Pasin. Si on veut trouver un business model rentable, il faut savoir opter pour le bon statut, le bon véhicule, être stratégique sur les horaires de travail, connaître la législation en vigueur, les opportunités et savoir s'informer…"

S'affranchir des plateformes
"Ces profils vont également être capables de développer leur propre clientèle, ajoute Fouad Haddouchi, CEO et fondateur de Cab Formations, leader sur le marché de la formation des conducteurs de VTC. En cela, ils seront différents de ceux qui se contentent de travailler sur les applis pour aller chercher le client… On va trouver des business développeurs, qui vont diversifier leur activité au maximum, acquérir des clients, peaufiner le marketing, le relationnel avec les entreprises, les hôtels…"
Pascal, 52 ans, ex-manager dans la sécurité-sûreté, est de ceux-là : "J'avais envie de m'investir dans une aventure entrepreneuriale légère, mais avec des opportunités de business." Son idée : faire revivre le "chauffeur de grande remise. Dans l'Ancien Régime, quand la cour de Versailles allait à Paris, pour éviter qu'un tas de carrosses individuels envahisse la ville, des carrosses collectifs embarquaient les nobles.

Ils étaient garés dans la grande remise, d'où le nom… Oui, avant, chauffeur, c'était high level !" Depuis un an, il sillonne les rues de Paris dans un black cab londonien, 100% électrique.
Pascal, chauffeur de «black cab» Caocao : «Mon objectif ? Monter une coopérative pour profiter de tout le champ de la mobilité, de la moto au van en passant par le taxi anglais.»
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Un choix stratégique pour se démarquer de la concurrence, qui lui coûte 1.300 euros par mois versés à la plateforme Caocao, seule à louer ce type de véhicules sur le marché français. Des charges lourdes : "Les deux premières semaines je bosse pour rembourser la location et les deux autres pour moi ", résume-t-il. Si Pascal utilise les plateformes de mise en relation pour trouver des clients – "faut pas se leurrer, c'est obligatoire pour démarrer" – , il ambitionne, dans les cinq ans, de s'en affranchir le plus possible en développant sa clientèle privée. "60% de business VIP et événementiel, 40% qui viendrait des plateformes, ce serait idéal", calcule-t-il. En bon entrepreneur, il a déposé son nom de domaine, lancé son site Internet en février (granderemisechauffeur.fr) et s'est créé un réseau de conducteurs de vans, de berlines, de motos… tous indépendants, comme lui. Objectif : "Monter une coopérative pour profiter de tout le champ de la mobilité, de la moto au van en passant par le taxi anglais, et créer une offre globale pour les clients. Ça, ça pourrait être intéressant ! Mais il faut que je consolide mon propre business avant tout, tempère-t-il, et avec cette année Covid, ce n'est pas simple."

Dans le monde du VTC, stratège ou pas, pour espérer gagner de l'argent, mieux vaut ne pas être à cheval sur les horaires… "Il faut cravacher, c'est sûr, avoue Erwann. Mais ça peut payer ! Dans le Sud, à certaines périodes, c'est jusqu'à 500 euros la journée. Avec les applis de VTC, c'est plutôt entre 200 et 300 euros par jour quand tout va bien (25% de commission chez Uber)." Pour faire du chiffre, il mise sur des "créneaux familiaux" : tôt le matin et le soir, jusqu'à tard dans la nuit. Des plages horaires plus rémunératrices qu'il juge incompatibles avec une vie de famille. "C'est quand même un travail de célibataire si tu veux faire de l'argent, souligne ce (ça tombe bien) célib'. Sur des horaires classiques de bureau, on est plutôt à 3.000 euros de chiffre d'affaires et pas 8.000." Pascal aussi enchaîne les heures : "Il ne faut pas faire le ratio heure/chiffre d'affaires, sinon on est tricard, avoue-t-il. Après, n'est pas entrepreneur qui veut. Il faut être bien câblé. Mais s'il faut bosser six jours sur sept, ça ne dépend que de moi. Et si j'ai envie de déconnecter, aussi. Et ça, c'est un luxe !"

Redorer l'image de la profession
La liberté encore et toujours. Quitte à accepter également de moins briller en société ? Passer d'ingénieur ou de cadre dirigeant à "simple" chauffeur peut être perçu comme une dégringolade sociale… "Moi, je considère qu'il n'y a pas de sot métier, s'exclame Erwann. Mais c'est vrai que beaucoup de gens ne comprennent pas", avoue-t-il. Deux de ses amis cadres, inspirés par sa nouvelle vie, ont été tentés de l'imiter. Si l'un a passé son examen, l'autre a finalement renoncé par peur du regard des autres. "Il m'a dit : "Je n'ai pas fait des études pour devenir chauffeur." Je comprends, mais pour moi, ce n'est pas un déclassement, c'est juste un transfert." Pour Iris Panissier, cofondatrice de Flow, c'est ce regard entrepreneurial qui sauve l'estime de soi de ces cadres : "Portés par le projet d'oser prendre leur vie en main, ils assument leur nouvelle fonction et n'ont pas le sentiment de perte, mais plutôt de changement", analyse-t-elle. Si l'entourage de Pascal a été plutôt dubitatif à l'annonce de sa reconversion, ils soutiennent aujourd'hui son projet à 200% : "L'image de marque du chauffeur est nulle parce qu'elle a été ternie", explique-t-il. Lui, et tous les autres chauffeurs-entrepreneurs, entendent bien la redorer et montrer que leur projet tient la route. Mais en cas d'échec, une chose est sûre : pas de retour au salariat. "Je n'ai pas mes tickets resto, pas ma participation, pas mon salaire, pas mes congés payés, mais j'ai ma liberté !, résume Pascal. Je savais que ça n'allait pas être l'Amérique tout de suite, mais j'y travaille !"

Devenir chauffeur privé avec le statut de VTC (voiture de transport avec chauffeur)
Quelques check points avant de prendre la route :

- Il faut être titulaire du permis B depuis au moins trois ans, avoir suivi l'enseignement de Prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1) depuis moins de deux ans, et avoir passé avec succès un examen spécifique à la chambre des métiers de l'artisanat.

- Si la préparation aux épreuves de l'examen n'est pas obligatoire, elle est conseillée. Côté centres de formation agrées, vous aurez le choix. Les tarifs varient en fonction des prestations proposées : de 499 à 2.500 euros le kit complet (de la préparation à l'examen jusqu'à l'accompagnement juridique) chez Cab Formations, par exemple.

- Pour demander une inscription au registre des VTC, il faut d'abord opter pour un statut : société unipersonnelle, SARL, auto-entrepreneur… Un choix compliqué.

- Dernière étape : l'immatriculation au greffe du tribunal de commerce. Et hop ! Vous voilà avec une affaire qui roule !

*Le prénom a été changé

 
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Kuikui

Maître Zoneur
MODO
VTC
UBER
MARCEL
1 Novembre 2016
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6 358
Localité
Paris
en espérant qu en tant qu ancien cadre ils ont fait un bon Business plan ...
 
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Toto1070

Zoneur Averti
VTC
BOLT
UBER
FREENOW
LECAB
MARCEL
19 Octobre 2017
1 194
756
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Paris
Ils vont devoir revoir leur prétention salariale
 
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stephvitry1

Zoneur Reconnu
VTC
UBER
30 Janvier 2017
994
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Paris
Messieurs, c est mon cas et souvent quand tu te retrouves sur la touche a 50 ans et qu il te reste une dizaine d année a faire tu n as pas forcément envie de retaper aux portes surtout quand tu étais dans un métier qui a changé ou 2 groupe différents on racheté l ensemble des boîtes sur la France pour ne faire que 2 pôles et que tu as bossé dans les 2 il est peu probable de repartir dans ces sociétés alors tu te dis que peut-être devenir indépendant te permettra de patienter jusqu'à la retraite...... Mais hélas tu as beau faire tout les plans sur la comète que tu souhaites il y a plein d imprévus qu aucun ne peut prévoir ....la maladie, le covid, les changements de règles des applications, ....etc....... Et j en passe et des meilleurs....
 
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JOHNAVANCE

Zoneur amateur
VTC
CAPA
28 Décembre 2020
69
52
Localité
Paris
Messieurs, c est mon cas et souvent quand tu te retrouves sur la touche a 50 ans et qu il te reste une dizaine d année a faire tu n as pas forcément envie de retaper aux portes surtout quand tu étais dans un métier qui a changé ou 2 groupe différents on racheté l ensemble des boîtes sur la France pour ne faire que 2 pôles et que tu as bossé dans les 2 il est peu probable de repartir dans ces sociétés alors tu te dis que peut-être devenir indépendant te permettra de patienter jusqu'à la retraite...... Mais hélas tu as beau faire tout les plans sur la comète que tu souhaites il y a plein d imprévus qu aucun ne peut prévoir ....la maladie, le covid, les changements de règles des applications, ....etc....... Et j en passe et des meilleurs....
Aujourd’hui et pour le futur je conseille a tous ceux qui veulent être indépendants de faire un métier manuel ou se lancer dans l’Informatique.
 


stephvitry1

Zoneur Reconnu
VTC
UBER
30 Janvier 2017
994
1 021
Localité
Paris
Aujourd’hui et pour le futur je conseille a tous ceux qui veulent être indépendants de faire un métier manuel ou se lancer dans l’Informatique.
Oui c est sur mais quand tu as 54 ans repartir sur un CAP de 2 ou 3 ans pour apprendre un métier cela peut être un peu tard et dans l informatique je pense que c'est pareil ....il faut des connaissances ......
 
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Hirian

Zoneur amateur
VTC
UBER
30 Novembre 2018
67
56
Localité
Cote d'Azur
Je trouve cela très bien, cela redonnera une image positive de notre métier, qui part totalement en cacahuète, je suis ravi que nous retrouvions des personnes positive et plein d'ambition pour nous et les clients qui recommencent à retourner vers les taxis qui s'améliore eux pas comme nous, les courbes s'inverses et les clients le disent. plus de bouteilles d'eau, voiture sale, beaucoup de courses annulées en résumé nous avons l'image des taxis avant l'arrivée des VTC.
 
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JOHNAVANCE

Zoneur amateur
VTC
CAPA
28 Décembre 2020
69
52
Localité
Paris
Je trouve cela très bien, cela redonnera une image positive de notre métier, qui part totalement en cacahuète, je suis ravi que nous retrouvions des personnes positive et plein d'ambition pour nous et les clients qui recommencent à retourner vers les taxis qui s'améliore eux pas comme nous, les courbes s'inverses et les clients le disent. plus de bouteilles d'eau, voiture sale, beaucoup de courses annulées en résumé nous avons l'image des taxis avant l'arrivée des VTC.
Je suis de ton avis par contre un GROS BÉMOL bouteille d’eau et friandises j’en ai pour 780€HT/an et la c’est chiffrer pour mes clients 5/jours en moyenne; panier moyen 60€. En travaillant avec les plateformes il faut chiffrer plus. Donc t’es a perte car il se jette dessus comme des mal élevés pour la plupart. Concernant les annulations là encore le chauffeur ne s’y retrouve pas en frais d’approche. Pareil lors des embouteillages 56 min pour une course à 30€ à quelle moment tu es rentable. La qualité baisse chez qui ? ben tout ceux qui ont baissé leur tarif. C’est un luxe d’avoir un véhicule qui vient te chercher prêt de chez toi et c’est 30% moins cher qu’un taxi et on te prends 20 à 25% de commission en plus. Donc la qualité baisse 🤷🏾‍♀️. Et je ne te parle pas des clients qui pense qu’on devrait facturer moins cher que les plateformes. Avant de dénigrer tes confrères comprends d’où vient le mal.
 
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pedro92

Bon bah ,VTC, hein....
VTC
4 Août 2015
2 170
3 182
Localité
Marseille
Cadre ou pas, business plan ou pas, ils auront toujours le même soucis des mecs qui n'ont eux aucune notion de rentabilité ni idée de ce qu'est un business plan et casseront les prix, tout content de vendre en direct au tarif uber sans la com....

Par contre, effectivement, un cadre avec de l'apport et une trésorerie solide pourra rapidement se débarrasser, voire ne jamais avoir besoin de tester les applications...
 
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